Témoignage: L’IUPG, lieu de recherche et de chevalerie

La recherche. Cette idée était si loin de moi… Je ne voyais pas en quoi la recherche pouvait m’être utile dans mon métier de responsable de formation, encore moins être une voie d’engagement missionnaire. Jusqu’à… la première rencontre de l’IUPG en 2008. Lors de la première journée, je me demandais, en écoutant plusieurs exposés dans des disciplines si différentes, où nous allions, quel était le fil conducteur ? Puis, petit à petit, s’est imposée à moi la conviction que le charisme de la communauté de l’Emmanuel pouvait s’incarner et traverser aussi bien la biologie, l’histoire, la philo ou encore les mathématiques !… Il était surprenant d’enchaîner toutes ces matières intellectuelles avec l’eucharistie et la louange. Nous avons même été interpellés lors d’une louange charismatique par l’image d’un « chevalier de l’IUPG », qui entrait et sortait sans difficultés dans les « forteresses » universitaires ou idéologiques. Je me suis senti invité à unifier ma vocation dans l’enseignement supérieur et la recherche.

Avec le recul, c’est dans ce même sens que le Seigneur m’a aussi appelé pendant notre coopération Fidesco en famille, afin de continuer à être missionnaire dans l’enseignement supérieur. Au retour, j’ai été embauché à l’Ircom (Angers) pour créer la filière humanitaire (Institut Pedro de Béthencourt), ce qui était pour moi comme une prémisse de cette vocation de « chevalier de l’IUPG ».

Me sentant ensuite appelé à franchir de nouvelles lignes de front, j’ai pris la décision de tenter l’aventure de la recherche. J’ai préparé un premier mémoire sur l’enseignement de l’éthique dans les business schools françaises, que j’ai présenté à une rencontre de l’IUPG. Après avoir été encouragé dans mon travail, j’ai pu poser une question importante à mes frères chercheurs : « me conseillez-vous de poursuivre sur ce sujet ? ». Leurs conseils ont été précieux, puisque j’ai pu alors prendre la décision de réorienter mon projet de thèse. Il m’a ensuite fallu une année pour le fixer, et surtout pour trouver un aménagement pratique et financier me permettant de m’engager dans le travail doctoral dans de bonnes conditions. Mon sujet de thèse naissant a suscité l’intérêt d’acteurs divers qui ont décidé de le soutenir.

Ma thèse se déroule dans le cadre du G.R.A.C.E (Groupe de Recherche Anthropologie Chrétienne et Entreprise) et sous la direction de Pierre-Yves Gomez, ce qui me permet de profiter d’un groupe de travail sur le don, et d’une bourse du fonds CapitalDon. J’ai pu présenter mon projet de thèse aux associés du cabinet international TURNING POINT, spécialisé dans le coaching de dirigeants. Ils ont souhaité participer à cette aventure en me faisant bénéficier d’un financement, d’un terrain d’observation, et surtout de leur expertise. Restant salarié de l’Ircom, l’école participe également au financement. Enfin l’IUPG m’aide à financer l’achat d’ouvrages et la participation à des colloques.

Je m’intéresse depuis longtemps aux relations entre le management ou le leadership et l’éthique. Dans mon précédent travail, j’ai été frappé de constater le recours que font certains auteurs en éthique des affaires à la fonction du leader, comme si elle revêtait une capacité quasi-magique à orienter toute une organisation vers les bons choix éthiques. Cette notion de leader et de leadership est revêtue d’une aura extrêmement positive dans beaucoup d’articles du domaine, notamment américains. Il semble que l’histoire américaine des pionniers y est pour beaucoup dans cette vision optimiste du dirigeant.

L’ouverture sur le don et la gratuité du G.R.A.C.E a stimulé mon questionnement sur le rôle effectif d’un leader en entreprise : peut-il donner, se donner et susciter le don ? Mon sujet s’est aussi affiné à partir du constat d’une demande faite par des grandes entreprises, notamment à TURNING POINT, de développer l’engagement de ses leaders, en espérant susciter aussi celui de leurs collaborateurs. Si le contrat de travail et les incitations ne garantissent pas l’engagement des leaders, se pose alors une nouvelle question : qu’est-ce qui constitue ce « plus » d’engagement ? Comment un leader donne, se donne et s’adonne-t-il au travail ? Pour ce faire, je vais m’intéresser à leurs actes de don, afin de comprendre dans quelle mesure ils manifestent cet engagement et suscitent celui de leurs collaborateurs.

Benjamin Pavageau

b.pavageau@ircom.fr

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