Témoignage: Les rencontres universitaires, un lieu de dialogue

Giulietta est sociologue et a découvert l’IUPG à travers les rencontres universitaires. Elle témoigne.

 Giulietta, tu as participé pour la première fois à une rencontre de l’IUPG en octobre 2013. Qu’est-ce qui t’a décidé à venir? Quelle était ton attente?

 Je suis arrivée à l’IUPG sur invitation d’une amie, membre de la Communauté de l’Emmanuel, que j’ai rencontrée à l’EPHE (Ecoles pratique de Hautes Etudes, Paris) il y a trois ans, alors que je commençais une nouvelle phase de mon parcours intellectuel et spirituel. J’étais venue avec une attente principale : rencontrer des personnes pour lesquelles l’appartenance chrétienne détermine ou a déterminé des choix de cursus et d’objets d’études. Histoire de sortir d’un certain isolement dans lequel je me suis assez rapidement retrouvée une fois inscrite en Sociologie (Paris V) en 1992. Je n’ai pris conscience que relativement tardivement du fait que c’est bien mon appartenance chrétienne (valeurs et vision du monde) qui m’a permis tout à la fois de me tenir à l’écart d’un univers marqué par un savoir instrumental  et fortement idéologique et de persévérer dans des sujets d’étude qui me paraissaient eux, porteurs de sens (étude du relativisme en sociologie des sciences, étude du « déconstructivisme » forcené, etc.). La proposition de cette rencontre IUPG a donc tout de suite signifié pour moi, possibilité d’échanger intellectuellement, finalement, avec des personnes qui ne considèrent pas l’appartenance au catholicisme comme un frein à la connaissance. […]

Qu’est-ce que tu as aimé particulièrement dans ce week-end? Pourquoi?

J’ai beaucoup aimé l’ambiance studieuse. J’ai été très heureuse d’écouter de brillantes contributions,  de prendre des notes et de poser des questions, même si j’ai eu plus de difficultés à suivre les contributions liées au domaine des sciences physiques. Le thème choisi, le bien commun (à l’université) est particulièrement important dans notre société actuelle où le diplôme et l’enseignement supérieur sont importants et où la légitimité des discours provient de cette appartenance institutionnelle. Puisqu’il y a une véritable disqualification du discours chrétien à l’Université en France il semble nécessaire de penser la réintroduction des penseurs et de théories inspirées par l’appartenance chrétienne. Ensuite je me suis sentie très à l’aise avec des personnes provenant d’univers assez différents : un vrai dialogue à pu se nouer avec des échanges très fructueux (notamment au moment des repas) avec de nombreux invités. La rencontre a aussi été ponctuée de temps de prière de manière a toujours nous rappeler le sens de la rencontre et la mission qui doit être celle des participants dans leur vie intellectuelle.

Est-ce que tu conseillerais ce type de weekend à quelqu’un? A qui par exemple? Pourquoi? 

Je n’ai pas manqué de parler de ce week-end à des personnes de mon entourage, des universitaires ou des enseignants chrétiens. C’est avec grand enthousiasme que j’en ai parlé, en commençant dès à présent à les sensibiliser afin qu’ils aient envie de participer à une prochaine rencontre. […] Si j’en ai parlé à ces personnes et que je vais continuer à faire connaître les initiatives de l’IUPG, c’est parce que je suis convaincue de la nécessité de faire sortir de l’isolement de nombreux intellectuels qui ne trouvent pas leur place dans le système universitaire actuel, du fait, précisément de leur vision du savoir et de leur appartenance au catholicisme. Les organisateurs de la rencontre m’ont semblé clairs sur ce point, d’autant qu’ils s’investissent dans cette institution : faire connaître l’IUPG et la faire croître.  

D’après toi, est-ce que l’IUPG répond à un besoin dans l’université aujourd’hui? 

Oui je pense. L’IUPG peut répondre à un besoin de l’université aujourd’hui en France dans la mesure où il propose de donner un sens à l’activité intellectuelle. Il peut être véritablement le lieu d’une  agrégation des énergies en vue, sinon de reconquérir l’espace universitaire, du moins de faire entendre la voix d’intellectuels chrétiens, qui manque cruellement aujourd’hui en France. Il importe afin que cet objectif soit atteint que  l’IUPG soit ouvert aux potentiels collaborateurs provenant des diverses communautés catholiques du pays. […]

 Giulietta est enseignante de Sciences Économiques et Sociales. Elle est titulaire d’un master en Sociologie générale et d’un master en Sciences Sociales des Religions. Ses recherches portent sur la Modernité dans une perspective critique. Elle s’intéresse particulièrement à la production des savoirs (sciences humaines et sociales) dans le contexte moderne et leur fonction idéologique, ainsi que de l’anticléricalisme. Elle souhaite s’inscrire en thèse à l’EPHE à la prochaine rentrée.

 

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